LE JOUR OÙ J’AI DÉCIDÉ DE RALENTIR

Il est vrai que j’ai partagé avec vous il y a deux semaines mon intention de mettre fin aux résolutions de nouvelle année pour 2019. Cela ne m’empêche pas de vouloir malgré tout donner une direction à mes actions.

Je dirais donc plutôt que j’ai une intention cette année. Celle de ralentir. Big time !

Le mouvement « slow »

Cela fait déjà plusieurs années que je vois le mouvement “slow” être assaisonné à beaucoup de sauces différentes.

  • Il y a la “slow life”, le fait de mener une vie plus simple, basée sur l’essentiel et avec moins de pression.
  • Le “slow tourisme” ou “slow travel”, qui insiste sur le fait de flâner pendant son voyage et de faire des choix plus éco-responsables.
  • La “slow food”, en réintégrant les concepts de saisonnalité, de produits locaux. En choisissant ce qui nous semble bon et juste dans notre assiette
  • La “slow fashion”. A l’inverse de la fast-fashion qui commercialisent des nouvelles collections tous les mois, le slow intègre des principes d’éco-responsabilité, d’éthique
  • Sans oublier le slow management, slow business, slow city, slow éducation/parenting/school ou encore le slow sexe,…

BREF, je sens un engouement particulier pour ralentir, pas à pas et s’épanouir en prenant plus de temps. Pour soi et in fine, pour les autres.

Savoir ralentir

L’envie est bien là, c’est indéniable. Combien de fois ai-je entendu dans ma journée “j’aimerais prendre plus de temps pour faire X ou Y”, “j’aimerais avoir le temps de me poser”. La question pour moi est surtout de savoir comment je fais pour ralentir, en vrai.

Dans le dernier numéro 2018 du magazine “Open Mind”, je suis tombée sur l’article hyper intéressant d’une femme qui, pendant une journée, a tenté de faire une seule chose à la fois. Cet article m’a amené à me questionner sur mes gestes à moi. Bien que le cerveau ne puisse littéralement pas faire plusieurs choses à la fois, cela ne nous empêche pas (moi la première !) de multitasker sans cesse. Je me vois faire : je commence à ranger les habits dans ma chambre. Je me rends compte que j’ai oublié d’étendre la machine. J’ai oublié d’envoyer un mail. Je prends mon petit déjeuner tout en me maquillant,… C’est épuisant !

Il y a chez moi cette recherche d’efficacité, de gain de temps, parce que j’ai cette impression de ne pas en avoir assez, de temps.

La thématique globale de ce même numéro d’Open Mind fait référence à “l’éloge de la sérénité”. Tout un programme et justement dans la veine de ce que je voulais partager avec vous aujourd’hui ! Le fait de ralentir, lâcher prise, se débarrasser du superflu. Pour au final mener une vie plus simple avec moins de stress. C’est clairement l’angle que je veux donner à ma vie en 2019. Et aussi pour plus tard d’ailleurs !

En plus, il se trouve que nous sommes en hiver !

Et pour moi, les saisons jouent un rôle prépondérant dans le rythme que je donne à mon quotidien. J’hiberne en hiver, je me recentre sur moi-même. Je reste au calme chez moi le dimanche aprèm avec une tasse de thé, un plaid et de vieux épisodes de Friends.

(En vrai, je prends aussi le temps d’écrire cet article, sous mon plaid, une bougie allumée et une tisane à la main).

C’est OK de ne “rien faire”, de prendre le temps de flâner.

Notre perception du temps

Je reviens toujours à cette notion de temps. J’ai l’impression de me retrouver toujours dans un extrême : soit je décide de prendre mon temps, de flâner. Soit j’ai l’impression de courir après la montre et de ne pas en avoir assez.

Je remarque également que le concept même de “prendre son temps” n’est pas le même d’une personne à l’autre. Et que notre éducation joue un rôle fondamentale dans la façon dont nous gérons, appréhendons notre temps. Combien de fois ai-je entendu plus jeune “dépêche-toi”, “ne sois pas en retard”, “on n’a pas le temps de faire ça”. En grandissant, j’ai souvent eu l’impression que ma propre vitesse “d’exécution” était en décalage avec celle que l’on attendait de moi et celle des autres. J’allais soit trop vite, soit trop lentement.

Mesdames et Messieurs, je décide solennellement de prendre, dès que possible, le recul nécessaire pour prioriser mes tâches et réaliser celles qui sont importantes pour moi, dans l’instant.

Le slow et le zéro déchet

Vous me direz quel(s) lien(s) entre le fait de ralentir et le zero waste ? Et bien pour moi, le lien est évident. Une prise de recul nécessaire avant, pendant et après mes achats pour réduire mon empreinte écologique.

Je privilégie donc au maximum le zéro packaging, les courses en vrac.

J’adore passer du temps derrière les fourneaux pour me préparer de bons plats. J’en profite pour prendre soin de mes lombrics en leur donnant mes épluchures !

Mes produits ménagers sont désormais fait maison ! Bien que très honnêtement, cela soit d’une rapidité et facilité enfantine !

Ma routine beauté presque zéro déchet utilise désormais des produits que je prends le temps de sélectionner et mettre de côté. Comme par exemple mon marc de café pour mon gommage, l’argile que j’achète en vrac pour mon masque.

Depuis quelques semaines, je prends le pli de fouiner dans des friperies, des dépôts ventes pour trouver une robe seconde main qui me ferait plaisir. Bon, pour l’instant, je n’ai pas trouvé la perle rare mais j’ai largement de quoi faire chez moi en attendant !

Enfin, je prends le temps de me nourrir de plein d’inspirations différentes,sur le zéro déchet, la spiritualité, l’écologie de façon générale.

Ralentir et réduire

Le zero waste c’est aussi réduire au maximum ses émissions de gaz à effet de serre, donc réduire les distances qui nous séparent de notre nourriture. Donc privilégier des circuits courts, la production locale et de saison. Se faire donc à l’idée qu’il est impossible de consommer des tomates en plein hiver.

Dans cette même logique, ralentir veut également dire pour moi que je n’aurai pas tout, tout de suite. Aïe ! Je suis une TRÈS grande impatiente et je peux vous dire que celle-là, elle pique ! L’éveil des consciences, le changement d’habitude prennent du temps. Si l’on veut que ces changements s’opèrent dans la durée, sur du long terme, tout ne peut pas changer du jour au lendemain. Il y a un réel besoin de temps, d’écoute de soi, de ses besoins.

Certains disent qu’il est trop tard pour se contenter de petits pas. Qu’au vue de l’urgence écologique dans laquelle nous nous trouvons, nous ne pouvons plus nous contenter de petits actions. Je suis bien entendu d’accord avec ce constat.

Et je suis également convaincue que les changements d’habitude se font pas à pas, sans brusquer. Parce qu’il faut de la pédagogie, du temps à notre cerveau pour entendre des nouveaux messages, parfois très éloignés de nos habitudes quotidiennes.

C’est comme si l’on plantait une graine et qu’on lui disait : “vas-y, pousse plus vite !”. Et comme si l’on disait à des personnes “un peu à la traîne” en termes d’écologie : “demain, tu vas être zéro déchet, zéro émission de CO2”.

Crédit image : la talentueuse illustratice Victoria Dorche
–> allez visiter son Instagram

Tout ça pour dire que c’est OK de prendre mon temps. Que ma vitesse n’est pas la même que ma voisine. Que parfois, je ne vais pas réussir tout de suite. J’ai dû faire des recherches, expérimenter, échanger avec des personnes pour trouver ma recette idéale de produit lave vaisselle, de dentifrice maison par exemple.

Tout est lié, tout est circulaire. Mon envie d’atteindre un jour (ou pas !) le zero waste dans mon quotidien va naturellement de pair avec le fait de ralentir et de prendre le temps de me respecter et respecter mon environnement écologique, social en même temps.E

Quelques actions au quotidien

Une amie m’a partagé l’expérience qu’elle réalisait actuellement avec un avocatier. Vous avez bien lu. Un avocatier. J’ai également lu un article similaire sur le site de “Ça commence par moi”. L’idée est de récupérer un noyau d’avocat, de le piquer avec des cure-dents et de le laisser à moitié tremper dans un verre d’eau. Miracle ! Après quelques jours, des racines sortent. Il est ensuite nécessaire d’en prendre soin, de changer l’eau, d’en rajouter, d’apporter de la conscience dans ses gestes en prenant soin de ce miracle de la nature. Tout cela pour montrer, en fait, que les choses prennent du temps à grandir. Qu’il est nécessaire de prendre le temps pour prendre soin des choses qui sont importantes à nos yeux.

De mon côté, j’essaye au quotidien d’apporter plus d’attention à mes gestes du quotidien. Notamment pour éviter le multi-tasking auquel je faisais référence plus haut. Et pour me permettre de ralentir le pas :

  • J’adore marcher. Et j’ai le luxe, bien qu’habitant à Paris, de n’avoir pas besoin de prendre les transports en commun pour aller à mes lieux de travail. Et donc je marche ! J’ai toujours pris l’habitude d’avoir mes écouteurs dans les oreilles, à écouter différentes playlists ou encore plus récemment des podcasts. Et bien désormais, il m’arrive de plus en plus de ne rien écouter ! Juste d’être attentive à ce qui se passe sur mon chemin, autour de moi. Et ça a un impact sur la vitesse à laquelle je marche. Sur ma respiration. La marche devient limite méditative. Je prends davantage de temps et ça me permet de porter plus d’attention sur ce qui se passe autour de moi. Les bars sympas sur mon chemin, les gens que je croise, la luminosité,… Ca me permet, d’une certaine façon, d’être un peu plus zen
  • J’adore manger (d’où le “j’adore marcher” puisque j’ai besoin de me bouger ensuite !). Je me suis récemment rendue compte que je mangeais très rarement sans distraction. J’ai pris l’habitude, depuis toute petite, à faire quelque chose pendant que je mangeais. Petite, cela consistait à regarder la télé en mangeant. Plus grande, à regarder YouTube ou lire un magazine. J’essaye désormais d’être plus concentrée sur mon plat, de mettre de côté les distractions (téléphone, ordi, magazine, livre,…) et d’être plus attentive aux goûts, saveurs, à tout ce qui se passe dans mon assiette et dans ma bouche. Je prends plus de temps pour savourer et je m’octroie une vraie pause dans ma journée. Cela fait toute la différence

En réalité, je me rends bien compte que je suis souvent dans un état de “pilote automatique”. Que je réalise une succession de gestes, d’habitudes, sans m’en rendre vraiment compte. Et que du coup, je me retrouve parfois à être ce cochon d’inde dans une cage, qui court de plus en plus vite dans sa roue.

Love me tender

Un article dans le magazine Open Mind auquel je faisais référence tout à l’heure souligne toutefois un aspect qui me semble essentiel d’indiquer dans ces quelques lignes. Cette volonté de bien-être, de ralentissement peut parfois devenir elle-même une pression de trop bien faire, de perfection. A l’instar de personnes qui deviendraient obséder par le fait de manger 100% healthy à longueur de journée (phénomène appelé orthorexie). Comme d’habitude, y aller pas à pas, faire ce qui nous semble bon pour nous car ce qui l’est pour le voisin n’est pas forcément pareil dans notre propre quotidien.

Crédit image : Victoria Dorche, again !

J’ai établi différentes routines matin en fonction du temps disponible : l’une pour les jours de semaine, l’autre pour le weekend. Méditation, sport, petit déjeuner vitaminé, gratitude, écriture,… Un booster de positivité de bon matin. Et bien autant vous dire que j’apprends à être OK avec le fait de squeezer parfois cette routine. Parce que je suis fatiguée et que j’ai besoin de dormir une heure de plus ce matin et que j’aurais simplement le temps de faire 10 minutes de méditation. Plutôt que de me forcer à me lever, faire ma routine et d’être KO toute la journée.

Je n’arrive pas à ralentir tous les jours. Je me laisse parfois prendre dans l’engrenage des “deadlines” des documents que je dois rendre au travail, de la multitude de projets que je trouve tellement intéressants et sur lesquels j’ai envie de contribuer. En revanche, j’arrive à mieux le faire qu’avant. Cette prise de recul, ces petits moments de pause dans la journée. Ces 20 minutes de méditation que je fais désormais naturellement le matin, dans mon lit, avant de me lever. Je vais avoir des dérapages c’est une évidence. Toutefois, j’aimerais rectifier le tir plus tôt qu’avant. Et être plus douce avec moi-même : je ne suis pas parfaite et c’est OK.

2019, here I come !

Mon moto pour cette année : plus de simplicité, moins de consommation inutile, faire moins mais mieux.

Finalement, je me dis que 2019 sera l’année où j’arriverai à être enfin plus douce envers moi-même. Je ne suis pas une machine. Je viens de commencer un nouveau travail, de rencontrer de nouvelles personnes et cela demande de l’énergie. Et c’est donc OK d’être en train de trouver mon équilibre entre ce travail, mon temps libre, mon entourage, le temps pour moi et le temps que je consacre à la Pachamama.

Je vous avouerais que le fait d’avoir moins de temps à consacrer pour l’écriture de mes articles, les posts sur Instagram, les autres projets parallèle que j’ambitionne de développer avec la Pachamama m’angoisse un peu (beaucoup). Mais il serait tellement faux-cul de ma part de prêcher le “soyez doux avec vous-mêmes”, “gérez vos priorités”, “prenez le temps” si je ne l’appliquais pas à moi-même.

Donc oui, je vous partage moins d’articles sur le site, moins de posts sur Instagram. C’est un léger ralentissement dans ce que je souhaite vous proposer. J’ai réadapté mon planning éditorial 🙂 Mais ne vous inquiétez pas ! Je suis toujours là et j’ai encore plein de belles idées, de belles inspirations que je souhaite partager avec vous dans les prochains mois !

Si ça vous intéresse d’aller plus loin

Si cette thématique vous parle, voici quelques inspirations qui pourront certainement vous intéresser :

  • Le N°8 d’Open Mind Magazine sur l’éloge de la sérénité
  • Mon livre du moment, que je prends le temps de déguster et qui me permet de ralentir : “pour une écologie spirituelle” de Satish Kumar
  • Le délicieux documentaire “Tout s’accélère” de Gilles Vernet, que j’ai absolument ADORÉ !
  • Le documentaire “l’Urgence de ralentir” (que je n’ai pas encore vu mais qui est depuis plusieurs semaines dans ma bucket list de film à voir)

La Pachamama <3